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Pourquoi un monde « post-capital » n’est pas pour demain

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01.10.2019

Je préfère le dire d'emblée : en matière économique tout comme pour les sujets politiques, je ne suis pas partisan des révolutions. Bien entendu, cette assertion peut sembler aller à l'encontre de l'ère du temps, où de nombreuses voix appellent à un « grand chambardement » afin de faire face aux multiples incertitudes qui se dressent devant l'humanité. Certains, tel l'économiste Thomas Piketty, veulent s'attaquer à la notion même de propriété. D'autres appellent à la mise en place rapide de systèmes de revenus universel inconditionnels qui viendraient pallier les déficiences des filets sociaux. Enfin, la taxe sur les super-riches refait régulièrement son apparition, même aux États-Unis où ce type d'idées étaient encore considérées il y a peu comme confinant au... communisme.

En creux, se profile peu à peu la grande idée d'une « révolution » en matière économique, qui nous ferait entrer dans l'ère du « post-capital », ou de l'Après Capital, comme le propose l'économiste Gilles Lecointre dans son ouvrage éponyme sorti récemment. Ceci permettrait, pêle-mêle, de réduire les inégalités, de lutter contre les populismes, de contrer la dégradation du climat ou encore d'enrayer la fin de l'emploi tel que nous l'avons connu. En bref, nous vivons une période où un consensus semble se former pour préparer l'avènement de la « social economy », comme remplaçante du capitalisme.

L'idée, de prime abord, est séduisante. Elle permet en effet d'apporter une réponse sur le plan conceptuel à la panne globale des idées en matière de développement économique. En effet, quoi de plus séduisant - et généreux - que de proposer de replacer........

© La Tribune