menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

La fin des doctorats ?

19 0
yesterday

Le scientifique et auteur Stéphane Durand s’interroge sur les profonds changements qui ont déjà commencé à s’opérer dans le domaine de la recherche doctorale à cause de l’intelligence artificielle

Le travail des futurs doctorants va-t-il complètement changer ? Rappelons que les meilleures intelligences artificielles (IA) d’aujourd’hui surpassent déjà la plupart des humains dans la plupart des tâches intellectuelles que l’on peut évaluer. Je parle ici des versions payantes en mode avancé de réflexion et en mode antihallucination. Dans ces modes, l’IA met plusieurs minutes à répondre, voire plusieurs dizaines de minutes. Bien sûr, l’IA ne comprend pas ce qu’elle fait, mais elle imite l’humain, et extrêmement souvent elle fait beaucoup mieux que l’humain.

Ces progrès nous obligent à repenser les exigences du doctorat. Une thèse « faite à l’ancienne » n’aura plus beaucoup de valeur, car, avec l’IA, une telle thèse pourrait être faite trois fois plus rapidement. Cela concerne surtout la recherche théorique en sciences (physique, chimie, biologie, neurosciences, etc.), la recherche en mathématiques, ainsi qu’en littérature, philosophie, etc., mais beaucoup moins la recherche en sciences expérimentales, qui se fait toujours très lentement, étant limitée par le temps nécessaire à la réalisation des expériences⁠1, 2.

Ainsi, un doctorant d’aujourd’hui pourrait être trois fois plus productif qu’un doctorant d’il y a à peine deux ou trois ans (et il devra peut-être produire l’équivalent de trois thèses à l’ancienne). Cependant, il restera le plus important pour l’humain : le point de départ de la thèse, c’est-à-dire l’idée de........

© La Presse