Delphine (Louise Bourgoin) est une professeure de latin assez désabusée. Pour avoir la paix avec ses élèves, elle a passé un marché avec eux : leur donner à tous des 19/20. Mais tout se complique lorsque ses faux résultats propulsent la classe au championnat du monde de latin, à Naples. Pour sauver sa matière menacée et sa situation confortable, Delphine va encourager ses élèves à tricher…

Premier long-métrage d’Émilie Noblet, Bis Repetita ne manque pas d’humour. La cinéaste signe une comédie assez rafraichissante et plutôt honnête. Certaines situations sont vraiment marrantes (à l’image de cette séquence où le personnage que joue Louise Bourgoin manque de se faire attraper en aidant ses élèves à tricher depuis des toilettes). Mais le film peine à exister sur la longueur en raison d’un scénario assez paresseux. Reste le tandem Louise Bourgoin / Xavier Lacaille qui fait des merveilles.

Recommandation : 3 cœurs

Antoine Le Fur

L’écrivaine Christine Angot est invitée pour des raisons professionnelles à Strasbourg où son père a vécu jusqu’à sa mort en 1999. C’est la ville où elle l’a rencontré pour la première fois à 13 ans, où il a commencé à la violer et où sa femme et ses enfants vivent toujours. Accompagnée de la formidable cheffe-opératrice, Caroline Champetier (La Sentinelle, Nettoyage à sec, Les Gardiennes…), l’écrivaine est allée frapper aux portes de sa famille, dont celles de sa mère, de son ex-mari et de son ex-belle mère avec qui, forcément (la primo-cinéaste étant entrée de force chez elle), l’entretien va virer à l’orage…

On connaissait l’écrivaine Angot, la dramaturge Angot et la scénariste Angot. La voilà, qui s’est faite réalisatrice d’un « auto-documentaire » pour, dit-elle ,« qu’on voit et qu’on sache » et aussi, pour qu’il y ait des preuves visuelles. Comme on pouvait s’y attendre, il reflète la rage et l’incompréhension de l’autrice de L’inceste (1999) face à ceux qui ont laissé faire, comme sa mère ou n’ont rien dit comme sa belle-mère. Une famille est direct, intense, explosif et par moments, touchant.

Recommandation : 2 cœurs

Dominique Poncet

Claudine (Jeanne Balibar) vit seule avec son fils handicapé, Baptiste (Pierre-Antoine Dubey). Un quotidien morne duquel elle ne s’échappe qu’une fois par semaine. Chaque mardi, elle se rend dans un hôtel à la montagne pour fréquenter des hommes de passage. Un jour, elle fait la rencontre de Michael (Thomas Sarbacher) et sa routine s’en retrouve bouleversée…

Présenté en ouverture de la sélection de l’ACID lors du dernier festival de Cannes, Laissez-moi sort enfin en salles. Mieux vaut tard que jamais pour découvrir ce délicat premier long-métrage de Maxime Rappaz dans lequel brille Jeanne Balibar. Fascinante en femme minée par la routine, la comédienne trouve ici l’un de ses meilleurs rôles. Le film, quant à lui, ne manque pas d’intérêt mais peine toutefois à se renouveler et reste assez lisse dans l’ensemble.

Recommandation : 3 cœurs

Antoine Le Fur

C’est l’histoire d’une classe d’un lycée de la banlieue parisienne pas comme les autres. Sa singularité est de proposer une méthode pédagogique collective basée sur une alliance entre les élèves, leurs parents et leurs professeurs. Et ça marche? Mieux que ça : depuis 2012, année de la mise au point de cette méthode, baptisée « Réconciliations » par son « inventeur », Jérémie Fontanieu, professeur de sciences économiques et sociales, cette classe, sise au lycée Eugène Delacroix à Drancy en Seine-Saint-Denis, affiche… 100% de réussite au Bac. Un taux dont aucun des établissements scolaires les plus huppés de France ne peut se targuer!

Depuis 22 ans qu’elle a fait les preuves de son efficacité, cette méthode « miraculeuse » méritait un documentaire. Il a été tourné par celui qui l’a mise au point, Jérémie Fontanieu avec l’aide de David Benoît, un de ses collègues, professeur de mathématiques Pour montrer comment avec l’aide de leurs parents, il arrive à encourager des élèves souvent peu motivés, le primo réalisateur a laissé tourner sa caméra pendant une année scolaire, filmant tour à tour des interviews d’élèves et de parents, et aussi des cours. Evidemment, le résultat est un peu sommaire: manque d’expérience et manque de moyens. Mais il vaut le coup d’être vu. Ne serait-ce que pour les témoignages du patient et tenace Jérémie Fontanieu et pour ceux, si positifs, de ces jeunes de banlieue si souvent stigmatisés.

Recommandation : 2 cœurs

Dominique Poncet

QOSHE - À voir également cette semaine au cinéma : "Bis Repetita" d’Émilie Noblet ; "Une famille" de Christine Angot - Dominique Poncet
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À voir également cette semaine au cinéma : "Bis Repetita" d’Émilie Noblet ; "Une famille" de Christine Angot

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20.03.2024

Delphine (Louise Bourgoin) est une professeure de latin assez désabusée. Pour avoir la paix avec ses élèves, elle a passé un marché avec eux : leur donner à tous des 19/20. Mais tout se complique lorsque ses faux résultats propulsent la classe au championnat du monde de latin, à Naples. Pour sauver sa matière menacée et sa situation confortable, Delphine va encourager ses élèves à tricher…

Premier long-métrage d’Émilie Noblet, Bis Repetita ne manque pas d’humour. La cinéaste signe une comédie assez rafraichissante et plutôt honnête. Certaines situations sont vraiment marrantes (à l’image de cette séquence où le personnage que joue Louise Bourgoin manque de se faire attraper en aidant ses élèves à tricher depuis des toilettes). Mais le film peine à exister sur la longueur en raison d’un scénario assez paresseux. Reste le tandem Louise Bourgoin / Xavier Lacaille qui fait des merveilles.

Recommandation : 3 cœurs

Antoine Le Fur

L’écrivaine Christine Angot est invitée pour des raisons professionnelles à Strasbourg où son père a vécu jusqu’à sa mort en 1999. C’est la ville où elle l’a rencontré pour la........

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