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Rashid Khalidi : « Aux Etats-Unis, le complexe militaro-industriel est le lobby pro-israélien le plus puissant »

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15.05.2026

Le 28 février, Donald Trump ordonnait le bombardement de l’Iran par l’aviation américaine, conjointement avec son homologue israélienne. Pour la première fois, les Etats-Unis mènent une action militaire offensive conjointe avec l’Etat hébreu. En dehors de la proximité politique de Trump et Netanyahou, quelles sont les raisons profondes qui ont amené une inflexion aussi majeure de la politique américaine ?

Nous avons posé la question à l’historien américano-palestinien Rashid Khalidi. Titulaire de la chaire Edward Saïd de l’université de Columbia, analyste de la relation entre l’Amérique et le Moyen-Orient (L’Empire aveuglé : les États-Unis et le Moyen-Orient, Actes Sud, 2004), il vient de publier en français 100 ans de Guerre contre la Palestine (Actes Sud, 2026), un récit à la fois érudit et personnel de la confrontation des Palestiniens au sionisme, à ses appuis coloniaux et impérialistes, mais aussi une critique acérée des leaderships successifs palestiniens, incapables jusqu’à aujourd’hui de construire l’autodétermination de leur peuple.

Dans votre livre, vous documentez très précisément le soutien des gouvernements américains successifs à la politique d’expansion des gouvernements israéliens. On comprend bien l’avantage qu’en tire la partie israélienne, mais moins celui des Etats-Unis qui ont des intérêts stratégiques et économiques bien plus vastes. Comment l’historien que vous êtes explique-t-il cette permanence ?

Rashid Khalidi : Le soutien des Américains à Israël a beaucoup fluctué dans le temps. Au commencement, et jusqu’après la Seconde Guerre mondiale, il s’agit simplement d’une sympathie de beaucoup d’entre eux pour l’idée sioniste, souvent pour des raisons religieuses… 

Le 28 février, Donald Trump ordonnait le bombardement de l’Iran par l’aviation américaine, conjointement avec son homologue israélienne. Pour la première fois, les Etats-Unis mènent une action militaire offensive conjointe avec l’Etat hébreu. En dehors de la proximité politique de Trump et Netanyahou, quelles sont les raisons profondes qui ont amené une inflexion aussi majeure de la politique américaine ?

Nous avons posé la question à l’historien américano-palestinien Rashid Khalidi. Titulaire de la chaire Edward Saïd de l’université de Columbia, analyste de la relation entre l’Amérique et le Moyen-Orient (L’Empire aveuglé : les États-Unis et le Moyen-Orient, Actes Sud, 2004), il vient de publier en français 100 ans de Guerre contre la Palestine (Actes Sud, 2026), un récit à la fois érudit et personnel de la confrontation des Palestiniens au sionisme, à ses appuis coloniaux et impérialistes, mais aussi une critique acérée des leaderships successifs palestiniens, incapables jusqu’à aujourd’hui de construire l’autodétermination de leur peuple.

Dans votre livre, vous documentez très précisément le soutien des gouvernements américains successifs à la politique d’expansion des gouvernements israéliens. On comprend bien l’avantage qu’en tire la partie israélienne, mais moins celui des Etats-Unis qui ont des intérêts stratégiques et économiques bien plus vastes. Comment l’historien que vous êtes explique-t-il cette permanence ?

Rashid Khalidi : Le soutien des Américains à........

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