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Le plurilinguisme à l’école : une richesse invisible à reconnaître

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En France, près d’un élève sur cinq entend régulièrement une autre langue que le français à la maison. Or l’école peine encore à reconnaître et à valoriser cette richesse qui constitue, selon la recherche, un atout pour le développement des enfants et des adolescents en général.

Dans de nombreuses familles, les élèves grandissent avec une ou plusieurs langues autres que le français. À la maison, on parle arabe, chinois, créole, lingala, polonais, portugais, tamoul, turc. Cette diversité linguistique fait pourtant rarement l’objet d’une reconnaissance explicite à l’école, où les langues familiales demeurent largement invisibles, voire sont perçues comme un obstacle aux apprentissages.

Selon les estimations de l’Insee et du ministère de l’éducation nationale, près d’un élève sur cinq entend régulièrement une autre langue que le français à la maison. Pourtant, très peu d’établissements proposent des activités d’éveil aux langues. Ce décalage contribue, chez certains enfants, à l’intériorisation de l’idée que leur langue d’origine serait illégitime ou sans valeur scolaire.

Cette invisibilisation peut fragiliser le rapport à l’école, à l’apprentissage et parfois à la société elle-même. Dès lors, une question s’impose : comment mieux reconnaître cette richesse linguistique et en faire un levier éducatif au service de tous les élèves ?

L’école républicaine française s’est historiquement construite autour d’un modèle linguistique centralisé. Cette priorité accordée au français s’est traduite par une longue marginalisation des langues autres que le français, qu’il s’agisse des langues régionales (occitan, breton, alsacien…) ou des langues de familles issues de l’immigration. Cette dynamique a durablement influencé les représentations et les pratiques scolaires en France, au détriment de la diversité linguistique des élèves.

Or, la recherche en didactique et sociolinguistique est claire : loin de nuire à l’apprentissage du français, le maintien et la valorisation des langues d’origine favorisent le développement cognitif, la réussite scolaire et la confiance en soi.

Les neurosciences confirment d’ailleurs que les

© The Conversation