« Avec seulement trois opérateurs télécoms, ce sera forcément plus cher qu’à quatre ». Vraiment ?
Dans une version simplifiée, plus de concurrence conduirait à une baisse des prix. De là à en conclure que la réduction du nombre d’entreprises entraînerait mécaniquement à une hausse des prix, il n’y a qu’un pas à franchir avec précaution. Illustration avec le marché des télécoms français avec la disparition annoncée de SFR.
En France, le prix des forfaits mobiles grand public est l’un des plus bas d’Europe. L’arrivée de Free Mobile sur ce marché en 2012 a considérablement accru la pression concurrentielle sur ce marché. Les prix des forfaits mobiles avaient ainsi fortement baissé, au bénéfice des consommateurs.
L’explication paraît simple : l’arrivée de ce quatrième opérateur a renforcé la concurrence du secteur. Dès lors, l’issue de la disparition de SFR, repris par ses trois concurrents actuels (Orange, Bouygues Telecom et Free) pourrait sembler d’ores et déjà écrite : revenir à trois opérateurs ferait remonter mécaniquement les prix. Pourtant, ce raisonnement repose sur une vision simplifiée de la concurrence.
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Le nombre ne fait pas tout
Compter les entreprises est souvent le premier réflexe lorsqu’on cherche à savoir si un marché est concurrentiel. Pourtant, ce n’est qu’un indicateur parmi d’autres. Les économistes parlent d’atomicité pour désigner un marché où les entreprises sont suffisamment nombreuses pour qu’aucune d’elles ne puisse, à elle seule, influencer les prix. Si l’intuition n’est pas absurde, elle est cependant insuffisante.
D’autres éléments jouent un rôle déterminant : les barrières à l’entrée........
