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Fusion IRD‑CNRS : les spécificités de l’IRD qui seraient perdues à la suite du projet de réorganisation

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23.09.2026

En pleine crise climatique, le gouvernement français envisage l’absorption de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), au nom de l’efficacité. Un projet de fusion qui interroge.

En pleine crise climatique, le gouvernement français envisage l’absorption de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), au nom de l’efficacité. Un projet de fusion qui interroge.

Les données publiques montrent, en effet, que l’IRD cible le développement durable, là où la recherche est rare, tandis que le CNRS privilégie l’excellence dans les pays déjà bien dotés en chercheurs.

Les données publiques montrent, en effet, que l’IRD cible le développement durable, là où la recherche est rare, tandis que le CNRS privilégie l’excellence dans les pays déjà bien dotés en chercheurs.

Or, une fusion précipitée risquerait de détruire quatre-vingts ans de partenariats uniques avec les pays du Sud, un atout que le CNRS ne pourrait reconstruire qu’au prix d’efforts et de financements considérables.

Or, une fusion précipitée risquerait de détruire quatre-vingts ans de partenariats uniques avec les pays du Sud, un atout que le CNRS ne pourrait reconstruire qu’au prix d’efforts et de financements considérables.

À l’horizon 2027, le programme gouvernemental « État efficace » prévoit l’intégration de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) au sein du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Pourtant, ces instituts n’exercent pas le même métier.

Alors que le CNRS couvre l’ensemble du spectre scientifique, l’IRD porte un mandat rare à l’échelle mondiale : celui de co-construire avec les pays du Sud une science vouée au développement durable, sans jamais les réduire à de simples objets d’étude.

L’analyse des données publiques révèle que ce projet de fusion repose sur une complémentarité en trompe-l’œil. Au-delà des apparences, les différences méthodologiques, thématiques et géographiques sont profondes entre les deux organismes. Elles montrent que l’IRD détient une combinaison d’atouts irremplaçables, rendant sa dilution dans le CNRS particulièrement problématique.

Un mandat interdisciplinaire unique

Le mandat de l’IRD consiste à mener une recherche scientifique d’excellence en partenariat équitable avec les pays du Sud (zones intertropicales et méditerranéennes) et les territoires ultramarins français afin de répondre aux grands défis du développement durable.

Placé sous la tutelle conjointe du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace et du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, il a pour mission des « actions de recherche en coopération de longue durée », « en accord avec les États » partenaires. Doté d’un budget de 280 millions d’euros, il emploie 2 269 agents, dont 958 chercheurs, affectés pour 24 % d’entre eux hors France hexagonale.

Traiter des problèmes de développement durable oblige à croiser santé, urbanisme, écologie ou sciences sociales : c’est le propre des sciences de la durabilité. De fait, 38 % des publications de l’IRD couvrent au moins deux grands domaines scientifiques, contre 27 % pour le CNRS. Ce mandat façonne aussi la nature de la science produite (résistance aux antimicrobiens, tuberculose, maladies transmises par les moustiques, sécheresses). Autant de problèmes dont les partenaires du Sud ont malheureusement une expérience ancienne, et qui gagnent aujourd’hui l’Europe sous l’effet du changement climatique.

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Une base opérationnelle et diplomatique pour la recherche française

Un partenariat durable au Sud ne peut se piloter depuis la France : sans bureaux locaux, statut juridique ou accords-cadres, on s’expose à pratiquer une simple « recherche hélicoptère ».

L’IRD entretient cette infrastructure cruciale avec 35 représentations couvrant une cinquantaine de pays, contre 11 bureaux, dont deux seulement au Sud, pour le CNRS. Sur le terrain,........

© The Conversation