"Le Chant des forêts" de Vincent Munier : apprendre à voir l'invisible
Gagneurs de temps, dispersés d’attention, impatients chroniques, amateurs de vitesse et adorateurs d’explosions hollywoodiennes, rebroussez chemin ! Si les reportages animaliers vous lassent d’ordinaire, Le Chant des forêts, de Vincent Munier, vous fera mourir d’ennui. Pas de voix off dramatique qui scénarise une guerre totale en gestation entre armées de fourmis, pas de combat épique entre rois lions pour glaner les femelles du clan, pas de course-poursuite dramatique d’un jeune gnou par dix hyènes ricanasses.
La beauté du film vient de sa simplicité, de sa légèreté, de son invisibilité. L’unique scène de combat qui voit s’affronter deux cerfs ne dure que quelques instants, et est l’occasion pour le réalisateur de privilégier une montée en tension progressive, sans commentaire, dans la perspective des animaux mais aussi des affûteurs, cachés, dont on devine que le cœur, pleinement parti à la vie, bat la chamade.
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