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Gabriele Guzzi : "La France affrontera le dilemme que l’Italie a tranché : le choix entre souveraineté et règles de l’UE"

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Après la trêve de fin d’année, les débats vont reprendre sur le budget. Près de deux ans après les déclarations de Bruno Le Maire réclamant 20 milliards d’euros d’économie, l’austérité continue de pointer à l’horizon. Pourtant, en voyant l’exemple de ses voisins européens, la France devrait savoir depuis belle lurette que les cures d’amaigrissement sont rarement des recettes efficaces pour s’attaquer à la dette. Il suffit de regarder l’Italie : depuis 1990, en moyenne, notre voisin cisalpin a dégagé un excédent budgétaire de 1,75 % du PIB par an. C’est-à-dire que l’État a dépensé moins que ce qu’il a récolté. Cela n’a aucunement résolu le problème de sa dette, qui au contraire s’est accrue.

Pour l’économiste italien Gabriele Guzzi, qui a publié en novembre Eurosuicidio : Come l’Unione europea ha soffocato l’Italia, e come possiamo salvarci (« Euro-suicide : comment l’Union européenne a étouffé l’Italie », pas encore publié en France), le coupable est à chercher du côté des institutions européennes, mal calibrées pour certains pays. En effet, on observe très distinctement des gagnants et des perdants du marché commun et de l’euro. Une étude du Centre d’études européennes de Fribourg a calculé qu’entre 1999 et 2017, la monnaie unique est synonyme de gains à hauteur de 1 893 et 346 milliards d’euros, pour l’Allemagne et les Pays-Bas respectivement. De l’autre côté du spectre, les deux pays les moins bien lotis sont l’Italie, qui accuse une perte de 4 325 milliards d’euros… et la France, pour qui la présence dans la zone euro représente un manque à gagner de 3 591 milliards d’euros.

Gabriele Guzzi affirme que « l’UE est à l’origine de nos crises », et son message trouve un écho dans son pays natal. L’essai s’est hissé en tête des ventes sur Amazon dans la section relations internationales, et a bénéficié d’une couverture médiatique plutôt large. De quoi lever le tabou autour des effets néfastes de l’euro ?

Marianne : Dans votre livre, vous dénoncez le tabou qui plane autour de l’euro. Comment expliquez-vous le succès qu’il rencontre ?

Gabriele Guzzi : Tout simplement parce qu’il est de plus en plus difficile de résister à la force de l’évidence : les preuves des faillites du système européen sont de plus en plus visibles. Cette crise industrielle, géopolitique et démocratique est la résultante des choix faits au moment de........

© Marianne