"En rompant avec le libre-échange, l’Amérique va-t-elle renoncer à la double migration du capital et du travail qualifié ?"
Les stratégies de puissance s’opposent aux stratégies commerciales. Pour de nombreux spécialistes, l’Amérique doit s’éloigner de l’orthodoxie néolibérale au profit d’une intervention stratégique qui lui permette de retrouver sa capacité industrielle. C’est-à-dire, renoncer à la mondialisation portée par la théorie de l’avantage comparatif et qui a permis une convergence, entre 2003 et 2019, entre les taux de croissance des pays du Nord et du Sud et une réduction des inégalités de revenu qui a sorti de la pauvreté des millions de personnes.
Donald Trump bouleverse les relations internationales en introduisant des rapports de puissance. La mondialisation, dit-il, a été préjudiciable aux intérêts américains en termes d’objectifs économiques (fragilisation des filières d’approvisionnement) et de sécurité nationale. Mais si les relations commerciales impliquent un grand nombre d’acteurs, les relations de puissance se jouent à quelques-uns et ce jeu est à somme nulle : ce que l’un gagne (Chine), l’autre le perd (États-Unis).
Les rapports de puissance se construisent en deux temps. Ils n’empruntent plus le canal de la politique industrielle, comme l’Inflation Reduction Act (IRA), mais celui des droits de douane censés favoriser la réindustrialisation des États-Unis et équilibrer son commerce avec ses partenaires commerciaux. Selon Donald Trump, « plus les droits de douane sont élevés, plus il est probable que........© Marianne
