Gestionnaires, la discipline de priorisation ne s’improvise pas
EXPERT INVITÉ. On les annonce comme une mauvaise nouvelle. Les compressions budgétaires arrivent avec leur lot de réunions tendues, de conversations difficiles, et de stress de couloir. Pourtant, pour les gestionnaires qui savent les lire, ces périodes de serrage de vis sont une des rares occasions de faire ce qu’on n’a jamais le temps de faire en période d’abondance: remettre de l’ordre dans la maison.
Au fil du temps, le plan stratégique s’est élargi, des produits et services dérivés se sont ajoutés, et des projets hors plan ont été démarrés, au point qu’il en devient difficile de se rappeler la mission première de l’organisation.
Une université va refaire le monde alors qu’elle peine à livrer ses programmes fondamentaux. Une municipalité se prend pour un incubateur de startup alors que ses routes sont trouées de nids-de-poule. Une banque lance des produits ésotériques de crypto alors que ses clients se font voler leurs données. Vous l’aurez compris: peut-on, s’il vous plaît (re)gagner l’excellence dans son cœur de métier?
Voici comment transformer la contrainte en avantage.
Moins d’objectifs, plus d’effets
Quand les ressources sont limitées, la tentation est forte de vouloir tout préserver. Couper un petit peu partout sans prendre les vraies décisions, c’est la pire chose à faire.
La contrainte budgétaire structurelle — celle qui dure, qui ne vient pas d’une mauvaise année, mais d’un réalignement de fond — exige une révision franche du plan stratégique. Pas un ajustement. Une réduction.
Posez la........
