Timothée Parrique, ou le dictateur camouflé
Une célèbre citation de l’économiste Ludwig von Mises affirme que « chaque socialiste est un dictateur camouflé ». Il n’y avait dans cette formule ni invective ni jugement moral, mais le constat rigoureux des implications logiques du socialisme. Dès lors que le marché est rejeté comme mode de coordination économique, il faut nécessairement lui substituer une volonté unique, chargée d’ordonner la production, de hiérarchiser les besoins et de répartir les ressources.
Or une telle volonté ne peut être que contraignante : en l’absence de prix librement formés, d’échanges volontaires et de propriété privée des moyens de production, il faut un mécanisme coercitif pour diriger l’activité économique. La planification socialiste implique donc l’obéissance à une autorité qui décide à la place des individus ce qu’ils doivent produire et consommer.
Nous ne sommes plus au temps du socialisme triomphant. Mais de nos jours, les discours en faveur de la décroissance de l’économie prétendent décider de ce qui doit, en matière de production et de consommation, être réduit, supprimé et interdit. Une question se pose donc inévitablement : la décroissance échappe-t-elle à la logique dictatoriale que Mises voyait à l’œuvre dans toute économie planifiée ?
La figure de l’économiste Timothée Parrique est, à cet égard, révélatrice. Non parce qu’il revendiquerait un pouvoir autoritaire – il se réclame explicitement de la démocratie –, mais parce que son projet suppose une décision collective de ce que doivent être les besoins légitimes, les activités acceptables et les usages à proscrire. Or, comme l’avait montré Mises, dès........
