Les adieux nostalgiques du PS à Lionel Jospin
Que reste-t-il de nos amours ? Sans aucun doute, Lionel Jospin, grand amateur de chanson française, aurait aimé qu’on lui fredonne cette bleuette de Trenet, à l’occasion de ses funérailles, aux Invalides, puis au cimetière du Montparnasse.
Au cours des deux cérémonies honorant sa mémoire, flottait dans l’air comme une nostalgie d’une époque lointaine, d’un moment heureux pour une gauche bienveillante et solidaire, celui de la gauche plurielle, de 1997 à 2002. Cinq années quasi miraculeuses où les barons socialistes, les apparatchiks communistes, les écologistes vraiment écologistes, jouaient en équipe, en pack groupé et discipliné, grâce à l’autorité incontestable d’un chef de gouvernement puissant et rassembleur.
Le roman doré de la gauche plurielle
Tous, d’Emmanuel Macron à François Hollande, en passant par Martine Aubry, Daniel Vaillant et Pierre Moscovici, ont loué les qualités humaines de l’ancien Premier secrétaire du PS devenu un manager rugueux et souvent impitoyable. Mais toujours juste, selon eux.
Éloge funèbre oblige, ils ont gommé les aspérités d’un quinquennat idéalisé,........
