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La double décapitation du Luther musulman ou l’impossible réforme de l’islam

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25.03.2026

Peut-on réformer l’islam aujourd’hui ? Question de vie ou de mort – et de trop de morts. Imaginons d’abord une dystopie simple : en France, un grand clerc « musulman », intellectuel ou non, se lève pour remettre en cause trois piliers de l’islam contemporain.

D’abord la mainmise des islamistes par la domination linguistique : je maîtrise l’arabe classique, j’interprète exclusivement le Coran, donc je détiens le monopole du divin, je suis son délégué. Ensuite, les textes canoniques qui, rédigés pour l’essentiel entre les premiers siècles de l’islam et le Moyen Âge, continuent de régir, par l’anachronisme le plus absurde, la vie, la sexualité et la vision du monde du musulman du XXIᵉ siècle. Enfin, la soudure artificielle entre décolonialisme et islamité, devenue carburant des séparatismes en Occident et justificatif des régressions politiques et sociales dans plusieurs pays à majorité musulmane.

Cet homme serait un Luther de l’islam. Comme Martin Luther qui, en 1517, affiche à Wittenberg ses thèses contre le commerce des indulgences, contestant la confusion entre salut et pouvoir de l’Église, ce Luther musulman réaffirmerait la primauté de la foi et de la conscience individuelle sur l’appareil religieux et ses certificats d’orthodoxie. Il dénoncerait l’équivalent contemporain de la vente des indulgences : la délivrance, par des seigneurs de guerre, des chefs islamistes, des imams communautaires ou des foules anonymes en ligne, de certificats d’islamité ou d’apostasie qui valent parfois condamnation à mort.

Entre des pouvoirs qui instrumentalisent la religion et des groupes armés qui prétendent la monopoliser, on délègue aux petites mains de la terreur le soin de réaliser les excommunications et les décapitations.

Entre des pouvoirs qui instrumentalisent la religion et des groupes armés qui prétendent la monopoliser, on délègue aux petites mains de la terreur le soin de réaliser les excommunications et les décapitations.

On l’imagine brûlant symboliquement, sous les portiques d’al Azhar, au siège des Frères musulmans ou même à La Mecque,........

© Le Point