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L’IA, déjà racontée dans un roman paru en 1818

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08.04.2026

Vous utilisez Claude ? ChatGPT ? Perplexity ? Quel roman a d’abord raconté ce que nous appelons aujourd’hui l’intelligence artificielle ? Quelle a été la première histoire de créature pensante, créée par l’humain ? La voix sournoise de l’ordinateur HAL 9000 dans 2001. L’Odyssée de l’espace, d’Arthur C. Clarke, qui tue avec politesse ? Le colosse d’acier de Schwarzenegger dans Terminator ? On peut fouiller toute la science-fiction du XXᵉ siècle ; la réponse se trouve bien avant, dans un livre écrit par une jeune femme d’à peine 20 ans, publié en 1818 : Frankenstein, or The Modern Prometheus, de Mary Shelley.

Longtemps, on a lu Frankenstein comme une métaphore prométhéenne : le savant usurpateur vole le feu des dieux et est puni pour son sacrilège. Cette lecture reste valide, mais elle ne suffit plus. Il faudrait relire ce roman comme la première grande fable de l’IA : une machine de chair et de nerfs, fabriquée par un étudiant, assemblée dans un laboratoire privé et livrée à un monde qui la craint. Frankenstein raconte comment le docteur Victor Frankenstein (c’est son nom, et non celui du monstre, qui n’en a pas) découvre le secret de la vie, fabrique un être difforme et pourtant conscient, puis fuit sa propre création.

Une conscience qui s’éveille

Dans la tradition du châtiment pour excès de connaissance, la fable énonce le prix à payer : folie, perte des........

© Le Point