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De Khomeyni à Reza Pahlavi : la longue vie des illusions occidentales

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11.03.2026

Le 1er février 1979, un journaliste du Monde s’approche de Khomeyni dans l’avion d’Air France affrété pour ramener le « saint homme » vers son pays, l’Iran. Il l’interroge sur ce qu’il ressent en voyant sa terre natale par le hublot. « Rien », répond le représentant de Dieu sur terre. Le journaliste Paul Balta le raconte dans son reportage, mais ne commentera pas. Peut-être n’avait-il pas compris. Car, pour un islamiste, la notion de terre natale n’existe pas. Il n’y a pas de pays au sens de « nation » d’aujourd’hui, de rêve de territoire fixe.

Non, il y a le califat de Dieu, à étendre sur la terre entière, à restituer au règne d’un Dieu unique. Une terre natale ? Cela ne veut « rien » dire dans le royaume d’Allah. C’est une invention de l’Occident, autant que celui qui pose la question et la question elle-même.

Dans l’avion de Khomeyni, une quarantaine de mollahs l’accompagnent (non, ce n’est pas de l’humour) et près de cent cinquante journalistes. Le moment est fort : la chute du chah, la « révolution » dans la rue, les utopies de démocratie et le rêve de la gauche mondiale de voir enfin des musulmans revenir à leur culture confessionnelle. Ils pourraient renverser un allié des impérialistes, de l’Amérique, et reprendre la main sur leurs richesses pétrolières à « marxiser ».

« Vol révolutionnaire »

Dans........

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