menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Les hommes plus moches que leur femme leur font-ils plus souvent des cunnilingus ?

20 0
20.04.2026

Ce n’est pas la pensée la plus charitable du monde – et, dite à voix haute, elle devient franchement odieuse – mais elle nous vient probablement à tous et de temps en temps lorsqu’on croise certains couples manifestement mal assortis sur un plan esthétique. En gros : mais comment est-ce qu’il a réussi, lui, à l’avoir, elle ? Bien sûr, le schéma inverse existe aussi. Mais, statistiquement, il semble y avoir beaucoup moins d’Apollons au bras de femmes quelconques que de bombes atomiques à celui d’hommes parfaitement ordinaires.

La culture populaire, ancienne comme contemporaine, regorge de ces tandems oculairement déconcertants : Henri VIII, boursouflé et gangrené, avec à peu près n’importe laquelle de ses six femmes ; Lyle Lovett, crooner sec comme un clou et coiffé d’une banane improbable, marié à Julia Roberts au sommet de sa gloire Pretty Woman ; ou encore l’abîme pas loin d’être comique entre Donald et Melania. Évidemment, le physique ne fait pas tout. Et dans ce type de « disparités de valeur de partenaire », pour reprendre le jargon des psychologues évolutionnaires, la partie la moins lotie compense en général par autre chose – par exemple une richesse indécente ou un talent créatif hors concours.

Qu’est-ce que la valeur de partenaire ? C’est, tout simplement, l’évaluation globale de l’attrait d’une personne comme partenaire sexuel ou amoureux. Une part en est évidemment subjective – la beauté, l’œil de celui qui regarde, tout ça – et la perception ne colle pas toujours au réel. Nous connaissons tous des gens absurdement convaincus de leur propre et extrême désirabilité, ainsi que d’autres qui, minés par leur manque d’estime de soi, se vendent très en dessous de leur cote.

Mais il existe aussi des indices plus objectifs : l’attractivité physique, les ressources, l’intelligence, certains traits de personnalité recherchés, etc. Et lorsqu’il existe un décalage dans le couple – autrement dit un écart de valeur entre partenaires, ou mate value discrepancy (« MVD ») – le risque d’infidélité grimpe.

Cruel marché du désir

J’hésite à employer l’expression « femme de grande valeur », tant elle sonne comme un mélange de marché aux esclaves matrimonial et de podcast masculiniste, mais lorsque la femme dispose d’un net avantage sur ce terrain, elle peut être tentée d’aller voir ailleurs, du côté d’un homme davantage « à sa hauteur ».

Et même si elle ne quitte pas officiellement la relation, des aventures clandestines avec des hommes........

© Le Point