BHL - Élection vérité
À gauche, la leçon s’impose.
C’est celle que je ressasse, avec d’autres, depuis presque un demi-siècle.
C’est celle qui était au cœur, il y a bien longtemps, de La Barbarie à visage humain, mon premier livre.
« La » gauche n’existe pas.
« La » gauche ne veut rien dire.
Il n’y a pas une gauche, mais deux et elles sont, non seulement irréconciliables, mais homonymes.
Il n’y a pas une grande famille de la gauche qui aurait sa branche progressiste, humaniste, tendue vers les autres et sa branche noire, prêcheuse de haine, amie du ressentiment, potentiellement criminelle.
Et la seule façon, pour la première, de l’emporter est de se dégager clairement, nettement et sans retour de la seconde.
C’est, pour l’essentiel, ce qui vient de se produire aux élections municipales.
Il y a des exceptions, bien sûr.
Il y a Roubaix où l’un des pires Insoumis, antisémite affiché, l’a tout de même emporté.
Et cette recomposition n’est pas allée sans hésitations, petites et grandes lâchetés, réticences locales ou nationales.
Mais, dans l’ensemble, les électeurs nostalgiques de Jean Jaurès, Léon Blum, François Mitterrand et, désormais, Lionel Jospin ont eu la sagesse de désavouer ceux de leurs caciques........
