L’insupportable déconnexion de la diaspora iranienne
La plus dangereuse des tentations pour un exilé est la reconstitution, artificielle et figée dans le dernier souvenir, de la patrie perdue au sein de son pays d’adoption. Ces exilés-là ne se rendent pas compte qu’ils creusent chaque jour l’abîme qui les sépare de leur pays de naissance, qui, lui, évolue, confronté à une -réalité nettement moins confortable que la leur. La diaspora iranienne française, estimée entre 150 000 et 200 000 individus, s’est constituée d’abord avec les perdants de la révolution islamique – monarchistes, libéraux, intellectuels laïques – qui espéraient que Khomeiny ne serait qu’une erreur historique. Ils ne sont jamais rentrés. Puis sont venus les militants d’extrême gauche, les communistes du Toudeh, les marxistes et surtout les moudjahidine du peuple. Enfin, depuis 2009, sont arrivés les jeunes éduqués, artistes, entrepreneurs fuyant une mollahrchie économiquement au bord du gouffre et culturellement........
