Choisir ses mots, comme un souhait
Je ne sais pas s’il est de coutume chez vous de faire des vœux pour la nouvelle année.
Je ne parle pas de formuler une résolution, mais de lancer un souhait dans l’univers, comme on peut le faire lorsque le cadran numérique affiche 11 h 11, lorsqu’on voit passer une étoile filante ou lorsqu’on souffle sur ses bougies d’anniversaire. Dans mon foyer, nous avons créé une tradition étrange qui nous permet de formuler des vœux en rafale. Tout au long de l’année, nous conservons les bréchets de nos poulets, ces petits os en forme de Y situés dans leur poitrine. Et un soir, entre Noël et le jour de l’An, mon tendre époux et moi, nous nous installons l’un en face de l’autre pour tirer sur les os avec notre petit doigt jusqu’à ce qu’ils cassent. Selon cette vieille coutume, le vœu de celui qui obtient le plus long morceau devrait s’exaucer.
Comme nous mangeons beaucoup de poulet, nous avons toujours plusieurs souhaits à formuler. Ça rend l’exercice amusant. Parfois, on manque même de vœux, alors on s’autorise à dédoubler ceux qui nous tiennent le plus à cœur. Je ne vous dévoilerai pas mes vœux les plus intimes, de peur que ceux-ci ne se réalisent jamais. En revanche, j’ai envie de vous en partager un qui interpelle l’ensemble de la société.
Voici comme je le formulerais, les yeux fermés, le petit doigt accroché au bréchet : « Faites que l’on mesure enfin le poids des mots et comprenne l’incidence qu’ils ont sur certaines constructions sociales délétères. »
Dernièrement, j’ai vu réapparaître un........
