Le problème de l’incroyance
Depuis les années Couillard, le mot « austérité » a été banni du vocabulaire politique québécois, sauf quand il s’agit d’en faire le reproche à un adversaire. Après la corruption, c’est peut-être le pire péché dont on peut l’accuser.
En présentant le cadre financier de son parti, le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, a déclaré que ce mot ne lui faisait pas peur, même s’il préférait parler de « réalisme économique », comme d’autres se sont réclamés de la « rigueur » ou de la « responsabilité », mais les électeurs ont appris à ne pas se laisser berner par les synonymes.
Quand on parle d’une augmentation des dépenses limitée à 1 % entre 2028 et 2030, soit bien en deçà de l’inflation, ils savent très bien ce que cela signifie. Même le gouvernement Couillard n’avait pas été aussi pingre. M. Milliard affirme que les réseaux de la santé et de l’éducation seront épargnés, mais la population est arrivée depuis longtemps à la conclusion qu’ils se dégraderont, peu importe l’argent qu’on y investit, malgré les progrès que veulent rapporter les graphiques et les tableaux de bord.
Il ne faut pas s’étonner que deux Québécois sur trois préfèrent une réduction des services publics à une hausse d’impôt, selon un sondage effectué par Léger cet été pour la Chaire en fiscalité et en finances publiques. En réalité, ils craignent d’avoir........
