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Parlons-nous pour le pays

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20.03.2026

Si nous souhaitons devenir un pays, il nous faudra d’abord nous parler. Nous parler réellement. Au-delà des réflexes, des étiquettes et des postures. Nous parler malgré les désaccords et les tensions qui traversent notre époque. Car aucun projet collectif ne peut émerger durablement sans une volonté minimale de dialogue.

À l’approche d’échéances politiques importantes, où les débats sur l’inclusion, la laïcité, la langue et l’avenir institutionnel du Québec refont surface, cette exigence de dialogue devient nécessaire.

Comme plusieurs, je constate autour de moi une difficulté grandissante à maintenir des espaces de dialogue serein.

Nous avons déjà traversé de tels moments. En 1980 comme en 1995, le Québec a débattu de son avenir avec intensité, mais aussi avec une réelle capacité d’échange. En 1980, autour de René Lévesque et du Parti québécois, le camp du Oui a rassemblé bien au-delà de ses rangs et a reçu l’appui d’acteurs syndicaux comme la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), ainsi que d’intellectuels et d’artistes. Des figures comme Pierre Bourgault ont incarné une parole libre, parfois critique, mais profondément engagée et nécessaire.

En 1995, des figures........

© Le Devoir