Partir en paix, ou ce que l’aide médicale à mourir nous a permis
L’aide médicale à mourir (AMM) serait difficile pour les proches. Ou bien elle serait choisie par défaut de soins. C’est ce que j’ai entendu récemment, en écoutant les retours de la pièce Club sandwich mayonnaise. Mais une expérience unique ne vaut pas vérité générale. Aujourd’hui, si je prends la plume, c’est pour relater une autre expérience de la fin de vie médicalisée.
La mienne commence par une histoire d’amour de 52 ans. Avec Claude, mon époux, nous avons élevé deux fils dans une famille ouverte, où la liberté de pensée et la discussion ont toujours eu leur place. Lorsque le débat sur l’AMM a émergé au Québec, nous en avons discuté autour d’un dîner, comme d’un sujet d’actualité. Nous avions déjà été témoins de décès difficiles, marqués par des souffrances prolongées, et cela nourrissait notre réflexion. Nous ne savions pas qu’un jour nous serions concernés.
En janvier 2022, tout a basculé : Claude a reçu un diagnostic de cancer stade 4, incurable. La mort était au bout du chemin. On lui a proposé une chimiothérapie et on a estimé son espérance de vie à 18-24 mois. Nous avons gagné une........
