Sans musique, l’école perd une voix
Dans une classe, un raclement de gorge, un clignement répété ou un mot échappé passent vite pour du bruit. Chez l’élève vivant avec le syndrome de Gilles de La Tourette (SGT), ces manifestations sont involontaires. Si l’école les entend comme une nuisance, c’est aussi qu’elle s’est construite sur des normes de silence. Ce bruit a pourtant un sens et il appelle une interprétation plutôt qu’une suppression. La musique propose une autre écoute, celle de la polyphonie, où des voix distinctes coexistent sans se fondre en une seule.
Le trouble n’a rien de rare. Selon une méta-analyse canadienne publiée en 2012 dans Pediatric Neurology, il toucherait près d’un enfant sur 130, et les tics passagers, près de 3 sur 100. Dans une école de 500 élèves, cela représente environ 4 cas de SGT et à peu près 15 élèves aux tics transitoires.
Ni caprice ni insolence
Les tics fluctuent selon les contextes, d’où un malentendu tenace : l’élève pourrait se retenir s’il le voulait. Les travaux en neurologie montrent au contraire que retenir ses tics exige un effort considérable, qui se paie souvent d’un rebond. La coprolalie frappe l’imaginaire, mais une vaste étude internationale parue en 2009 établit qu’elle ne touche qu’environ une personne sur cinq. Des chercheurs britanniques rappellent que les........
