Leurre systémique
Alors que l’empire en expansion constante qu’est le monde moderne ne cesse d’accroître sa richesse, sa puissance et son emprise sur ses sujets, pouvons-nous, en tant qu’habitants de ce puissant empire omniprésent, encore nous considérer comme indépendants ?
La perte de notre indépendance a commencé bien avant l’arrivée des grandes technologies de notre époque. Elle a débuté dans nos villes avec leurs commodités, dont les épiceries, auxquelles nous nous sommes habitués. Le style de vie autosuffisant n’existe pratiquement plus. La chasse et le jardinage sont des activités qui sont passés du stade de la nécessité à celui du loisir. Nous avons sacrifié une partie cruciale de ce qui nous a permis de survivre dans un passé pas si lointain et avons confié ces tâches à un pouvoir qui, s’il le souhaite, pourrait nous les reprendre par simple caprice.
Comment ignorer le téléphone intelligent, devenu en seulement une vingtaine d’années l’objet électronique le plus acheté au monde […]? Cet outil, dont la polyvalence a considérablement facilité la plupart des tâches, qu’il s’agisse de musique, d’information ou de communication, est si omniprésent qu’une personne qui n’en possède pas un est immédiatement marginalisée, perçue comme étrange ou dépassée. De ce fait, d’année en année, il devient de plus en plus impossible de s’en passer.
Ainsi, par les promesses de confort et de progrès, comme disait le grand Charlie Chaplin, nous avons certes développé la vitesse, mais nous nous sommes aussi enfermés. Nous avons été dupés à suivre un modèle qui punit la bienveillance et encourage l’avidité. En tant que civilisation, nous avons troqué nos compétences et notre labeur contre un train de vie effréné et somptueux, synonyme de facilité.
