Ça se peut (vraiment) que toute
Commençons l’année 2026 qui s’annonce un tantinet anxiogène par un smorgasbord scandinave ou un potluck à l’américaine. Déni climatique ? Bof, à peine. Un voisin en monomanie, hum, si vous voulez. Une guerre qui n’en porte pas le nom ? Ça dépend du code postal ou du drapeau. La techno qui rend faux ou fous, ça ressemble à l’heure des prédateurs. Restez en ligne, ChatGPT vous répondra. Cette chronique a été écrite à la main, abuse des émojis de face ahurie et vous offre quelques bouffées de paix.
Je conserve quelques munitions pour cette page, comme cette édition de Philosophie magazine, « Où commence la tyrannie ? », que ma mère m’a refilée l’été dernier. Le toupet de Trump a habilement été substitué à la flamme d’une allumette en couverture. J’ai lu, avec avidité, l’entrevue de l’écrivain Giuliano da Empoli (L’heure des prédateurs, Les ingénieurs du chaos), nous rappelant qu’il y a encore 20-30 ans, il aurait été impossible de faire un salut nazi en public à Washington.
Cinq ans après l’attaque du Capitole, les livres d’histoire s’écrivent avec Caracas. « Avec Trump, on est passé au stade d’après, celui où le chaos n’est plus l’arme de l’insurgé, mais le sceau du pouvoir », constate da Empoli, convaincu que plus personne ne peut être assuré des prochaines élections aux États-Unis.
Les textes de ce numéro (avril 2025) évoquent déjà les vues trumpiennes sur le Canada comme 51e État et sur le Groenland (pétrole potentiel au large et terres rares).
« Le tyran a besoin de provoquer et d’entretenir des guerres à l’extérieur, car elles justifieront les efforts qu’il va demander à ses sujets », rappelle Mario Turchetti (Tyrannie et tyrannicide de l’Antiquité à nos jours).
Comme l’écrivait l’historien Timothy Snyder dans le New Yorker en novembre 2024 (« What does it mean that Donald Trump is a facist ? ») : « Un libéral doit raconter cent histoires, voire mille. Un communiste n’en a qu’une, qui pourrait bien être fausse. Un fasciste, lui, n’a qu’à être un conteur. »
Sommes-nous à un trait de Sharpie de la tyrannie ?
Réponse : Elle a déjà commencé.
« Lénine disait que le communisme en Russie, c’était les Soviets plus l’électricité. La formule du chaos contemporain, c’est la colère plus les algorithmes. »
— Tu as vu ce qui se passait au Venezuela, mon chou ?
— Oui, mais c’est pas comme si on était concernés,........
