De nouvelles plantes carnivores
Quelquefois, il m’est arrivé de discuter avec Pierre Dansereau dans un laboratoire de l’UQAM. Celui que l’on considère, chez nous, comme l’un des pères de l’écologie, était un vieux monsieur pétri de bonnes manières. Mort quasi centenaire, il a marqué sa société. Au point qu’un pavillon de l’université porte son nom.
À Outremont, Pierre Dansereau avait grandi dans un pastiche de villa italienne flanqué d’une tour, une vaste demeure qu’avait fait construire son père. À 15 ans, celui-ci lui offrit une grosse Buick américaine. Chez les Dansereau, même au cœur de la crise économique, on était loin du besoin.
À lire les mémoires de l’écologiste, son père était un homme désintéressé. Il penchait, écrit son fils, tantôt du côté des libéraux, tantôt des conservateurs. Les vieux papiers montrent en vérité un homme fermement engagé à droite, que ce soit avec Maurice Duplessis à Québec, avec Arthur Bennett à Ottawa, voire avec le chef fasciste Adrien Arcand.
De toute façon, faire de l’alternance entre deux partis une preuve d’équilibre politique relève d’une curieuse conception de la géométrie politique toujours en usage. Pour savoir où chacun se tient, mieux vaut regarder ce qu’il fait que l’étiquette qu’il s’accole. Comme disent les Britanniques, « the proof of the pudding is in the eating ».
Fils d’une famille de notables associés à la création du journal La Presse, Lucien Dansereau, très actif dans l’action politique ultra-conservatrice, est par ailleurs mêlé à plusieurs grands chantiers publics très lucratifs,........
