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Chronique | Le marché de la controverse

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27.05.2026

Je tiens à vous rassurer d’emblée, les internautes hollandais n’ont aucune conviction forte au sujet de l’indépendance de l’Alberta. Alors pourquoi inondent-ils les Internets de ce qu’il est maintenant convenu d’appeler de la « slopagande » favorable à la sécession ? Pour faire des sous, tout simplement.

Depuis la pandémie, les cracks d’informatique ont compris qu’on peut faire des sous avec des controverses, quelles qu’elles soient. Le vaccin, les tensions raciales, les mensonges d’État, la guerre, le sexe, le sang : il suffit d’être à l’affût de ce qui choque. Les algorithmes des réseaux sociaux ont été conçus ainsi. Pour attirer de la publicité ou vendre des produits, il faut garder le consommateur sur son réseau le plus longtemps possible. Il fut rapidement démontré que rien ne garde l’attention avec plus de certitude que l’accusation, la révélation, le scandale, le complot. C’est pourquoi vous voyez si peu de contenu de Marcel Proust sur les réseaux.

Puisque le séparatisme albertain est le dernier sujet de controverse à la mode, ceux dont le modèle d’affaires est la controverse se sont emparés du sujet. Cela nous donne évidemment un avant-goût de ce qui se déroulera chez nous, ensuite.

Selon des enquêtes récentes de la CBC et du Canadian Digital Media Research Network, les quelques hollandais entrepreneurs ont créé une vingtaine de sites pro-indépendance, utilisant........

© Le Devoir