La fable de l’étalement urbain
Je me souviens d’être, enfant, accoté contre la fenêtre de la Dodge Grand Caravan de mes parents, sur l’autoroute 40 en direction de Montréal. Nous allions visiter ma grand-mère restée en ville. Comme bien des familles montréalaises de l’époque, la nôtre avait quitté la métropole pour le rêve de la maison unifamiliale en banlieue.
Lors de ces trajets, je regardais par la fenêtre les vaches brouter paisiblement dans un grand champ. Mon regard était toujours attiré par elles. Aujourd’hui, pris dans la congestion en refaisant ce même trajet pour aller au travail — Dieu merci, j’ai troqué la voiture pour le transport en commun récemment —, je regarde vers ce même champ.
Il n’y a plus de vaches. À leur place se trouvent désormais un Costco, un cinéma, des commerces et des voitures en quantité ainsi que quelques tours de plusieurs étages. On croirait presque voir apparaître un petit centre-ville là où s’étendait encore, il y a à peine un quart de siècle, un simple champ.
Je me souviens aussi de mon père qui me parlait de son coin à lui, à Tétreaultville, où il y avait encore des champs lorsqu’il était enfant. J’imaginais alors mon père jouer dans ces champs qui sont aujourd’hui devenus des quartiers........
