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Aucun enfant ne devrait apprendre le ventre vide

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Mars est le mois de la nutrition. C’est l’occasion de rappeler une évidence : bien se nourrir est une condition essentielle pour apprendre, se développer et être en santé. Pourtant, au Québec, plus d’un enfant sur cinq vit une forme d’insécurité alimentaire. Cela représente environ 200 000 jeunes.

Pour près de 12 % d’entre eux, la situation est modérée ou grave. Derrière ces chiffres, il y a des enfants qui arrivent à l’école sans avoir suffisamment mangé, qui peinent à se concentrer, dont l’énergie et l’humeur fluctuent au fil de la journée. L’insécurité alimentaire est associée à des effets bien documentés sur la réussite éducative ainsi que sur la santé physique et mentale.

En tant que membre de l’Ordre des diététistes-nutritionnistes du Québec, je considère que l’accès à un repas scolaire sain est une question de santé publique. L’école est un lieu stratégique : elle permet d’agir de manière structurante, auprès de tous les enfants, dans un cadre non stigmatisant.

Au Québec, des solutions existent déjà. À La Cantine pour tous, nous déployons le programme La Cantine dans les écoles, qui permet aujourd’hui à plus de 56 000 enfants de recevoir un dîner sain et abordable dans 15 régions à travers le Québec. Notre modèle repose sur un réseau de 39 organismes à but non lucratif ancrés dans leur communauté, qui produisent des dîners scolaires sains et abordables pour les élèves de leur territoire.

Nous avons fait le choix d’une approche universelle avec un prix flexible. Le montant suggéré pour un repas est de 6 dollars, mais les familles peuvent contribuer à partir de 1 dollar selon leur capacité de payer. Cette flexibilité permet d’éviter la stigmatisation, de préserver la dignité des enfants et de favoriser la mixité sociale. Malgré ce tarif très abordable, les menus sont validés selon des critères nutritionnels rigoureux et offrent au minimum deux choix par jour, dont un strictement végétarien.

L’alimentation scolaire ne devrait pas être une mesure ponctuelle ou ciblant uniquement certains milieux. Elle devrait être considérée comme une composante essentielle de notre infrastructure éducative et sociale. L’accès à une alimentation adéquate et suffisante est une condition essentielle de la réussite éducative.

Investir dans l’alimentation scolaire, c’est investir en prévention, en réussite éducative et en équité. Les bases sont déjà en place. Il nous appartient collectivement de les consolider.

Aucun enfant ne devrait apprendre le ventre vide.


© Le Devoir