Un référendum n’est plus essentiel à la souveraineté
Le débat référendaire est relancé, avec les mêmes avantages et inconvénients qu’en 1995. Rien n’a-t-il changé ? Pourtant, oui. La démonstration est faite que le Québec peut devenir souverain sans référendum. Mais pour le saisir, il faut distinguer souveraineté et indépendance, et comprendre les référendums.
Les référendums ont tendance à légitimer un rapport de force. Si Québec espère gagner avec un degré raisonnable de certitude un référendum sur l’indépendance, il a intérêt à être d’abord souverain. Un bref portrait du rapport de force permet de douter qu’il le soit suffisamment.
Le fédéral contrôle encore exclusivement la citoyenneté et le droit de vote (à prévoir l’accélération du traitement des dossiers de dizaines de milliers de nouveaux Canadiens au Québec). Québec n’a pas toujours utilisé ses prérogatives pour transformer significativement sa relation avec les peuples autochtones ni ses relations internationales. Enfin, les forces fédéralistes disposent encore d’une capacité de dépenser supérieure.
Un joueur de poker serait mal avisé de jouer all in si ses adversaires connaissaient ainsi les faiblesses de son jeu. Les craintes de Lucien Bouchard1, qui a joué en virtuose et perdu, sont donc compréhensibles. Reste que de Duplessis à Legault, le peuple québécois cherche à faire progresser sa........
