Fermer les yeux sur le Soudan nous coûte cher
En réduisant l’aide internationale, le Canada fait un très mauvais calcul, car les conflits, même lointains, ont un impact sur le commerce mondial
Le Soudan est aujourd’hui l’épicentre de la plus grave crise humanitaire mondiale. Depuis 2023, une guerre civile dévastatrice a plongé le pays dans le chaos : plus de 11 millions de personnes déplacées, 30 millions en besoin urgent d’aide. À ce carrefour stratégique entre la mer Rouge, le Sahel et l’Afrique de l’Est, le Soudan risque de devenir un État failli, propageant l’instabilité bien au-delà de ses frontières. Face à cette urgence, la communauté internationale doit agir pour protéger les civils. Pourtant, le Canada réduit son aide internationale tout en contribuant, directement ou indirectement, à l’armement des acteurs du conflit.
Le gouvernement de Mark Carney affirme que le Canada doit jouer un rôle plus actif dans la sécurité mondiale. L’augmentation de 81,8 milliards de dollars sur cinq ans des investissements en défense, avec un objectif de 5 % du PIB d’ici 2035, illustre cette priorité militaire.
Mais au même moment, Ottawa a discrètement retranché 2,7 milliards de dollars de l’aide étrangère sur quatre ans, rompant une promesse électorale et réduisant l’aide internationale à une fraction marginale des dépenses fédérales.
Ce n’est pas une stratégie cohérente, mais une incohérence........
