Mort de Brigitte Bardot : elle fut BB
« J’ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes. » Déjà star, devenue une véritable icône avec Et Dieu créa la femme, BB avait dit adieu aux écrans il y a cinquante ans mais restait un mythe. Ses sympathies à l’extrême droite et ses condamnations répétées pour ses propos racistes ont fortement terni l’image qu’on garde d’elle. Brigitte Bardot est morte à Toulon à l’âge de 91 ans.
Brigitte Bardot est morte à Toulon à 91 ans. Icône du cinéma, elle avait pourtant quitté les écrans en 1973. On pourrait commencer par cette improbable rencontre dont témoignent quelques photos. Sur l’une d’elles, elle est debout, les jambes bien plantées dans le sol avec le maintien de la danseuse qu’elle est. Chaussée de simples ballerines, elle porte une robe à fleurs au décolleté en carré, à la jupe largement évasée.
Devant elle se tient un petit homme râblé, avec une chemise en damier. La vaste pièce est encombrée de sculptures, de tableaux. C’est Picasso. Il a 75 ans, elle en a 22. Au Festival de Cannes, nous sommes en 1956, elle n’a encore que quelques films à son actif, dont le Trou normand, de Jean Boyer, avec Bourvil, le racoleur Manina, la fille sans voiles, de Willy Rozier, un rôle secondaire dans les Grandes Manœuvres, de René Clair, un autre dans un péplum américain de Robert Wise, Hélène de Troie…
À Cannes, pourtant, elle éclipse toutes les actrices et même les stars que sont Sophia Loren et Gina Lollobrigida. Les photographes ne voient qu’elle. Elle découvre en projection le documentaire d’Henri-Georges Clouzot, le Mystère Picasso. Il n’est pas loin, à Vallauris. Que se disent-ils ?
On l’ignore, mais à l’évidence, ils se comprennent. On s’attendrait à ce qu’il fasse son portrait. Il ne le fera pas. Il aurait pu, même après une simple entrevue. Il l’avait déjà fait deux ans auparavant pour une de ses jeunes voisines, Sylvette David, à qui, deux heures après l’avoir entrevue, il apporte deux dessins d’elle. Mais sans doute Bardot est « trop », comme on dit aujourd’hui. Trop belle, trop gracieuse, trop libre…
Bardot, la femme et la starlette
Picasso le Minotaure a besoin de dominer, mais là, il est devant une égale, dans deux mondes différents. Ils sont comme deux étoiles qui ne se ressemblent en rien mais de même intensité. Deux ans auparavant, Roland Barthes a déjà inscrit Bardot dans ses Mythologies, comme la DS 19, la déesse, bien sûr, le jeu de mots est vendu avec. « Elle représente un érotisme dépouillé de tous ces substituts faussement protecteurs qu’étaient le semi-vêtement, le fard, le fondu, l’allusion, la fuite. »
L’explosion pourtant n’a pas encore eu lieu. Quelques mois après, le mambo qu’elle danse devant Curt Jurgens et Jean-Louis Trintignant est une bombe à fragmentation. Les pieds nus, ses longues cuisses dévoilées dans le mouvement. C’est une transe magique, tribale. Un saint, écrit Simone de Beauvoir, « vendrait son âme au diable pour la voir danser ».
Et Dieu créa la femme, de Roger Vadim, qui est encore son mari alors que sur le tournage elle va commencer une........
