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Interdiction de l’élimination des invendus : une idée non seulement inefficace mais économiquement ravageuse

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06.06.2019

Michel Ruimy : Tout d’abord, un chiffre. Aujourd’hui, ce sont, chaque année, plus de 600 millions d’euros de produits non alimentaires neufs et invendus qui sont jetés ou détruits.

Le dispositif initié par le gouvernement vise à imposer aux entreprises de donner ces marchandises ou de les recycler, à partir de fin 2021 ou de fin 2023 suivant les cas, en complément aux mesures déjà adoptées, ces dernières années, contre le gaspillage alimentaire.

Concrètement, il ne s’agit pas de leur interdire de revendre par ailleurs mais plutôt de les inciter à ne pas détruire, à ne pas gaspiller. Une nouvelle histoire de « patate chaude » est peut-être en train de se créer (Lorsque nous avons dans nos mains une pomme de terre qui sort du four, elle est si chaude que nous ne pouvons la garder, nous devons la passer à une tierce personne).

Pour les entreprises, notamment pour celles qui disposent d’une chaîne d’approvisionnement, la question cruciale va être la gestion des stocks et le respect du modèle « juste à temps » (just in time) qui vise à minimiser les stocks et les en-cours de fabrication. Si l’entreprise a une base internationale, ceci demande, en plus, de devoir harmoniser le travail des sous-traitants, situés dans différents pays. Cette législation va, au final, les inviter à repenser leur schéma de fabrication, ce qui demande des investissements et du temps et surtout risque de leur faire changer de modèle économique ! Car le vrai sujet est le « coût complet » de la production des marchandises. Aujourd’hui, la dimension « écologique » des modèles économiques est payée par les générations futures.

En outre, certains risques pervers sont latents. Tout........

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