A Marseille, des historiens dévoilent le passé colonial derrière les façades
L’héritage colonial de Marseille, longtemps au cœur de l’empire français, se fait discret. Des chercheurs tentent d’exhumer cette histoire méconnue, et de pointer ses conséquences contemporaines.
Le rideau tombe, accompagné d’une volée d'applaudissements. Il révèle une plaque, vissée sur un mur du magasin de vêtements Uniqlo, au cœur d’une artère commerciale de Marseille. Le petit groupe d’élus, historiens, associatifs, mais aussi dirigeants du magasin, découvre l’inscription :
« De 1919 à 1960, ce bâtiment fut le siège marseillais de la Compagnie algérienne de crédit et de banque. […] Elle a participé à l'appropriation et à l'exploitation des terres spoliées aux peuples autochtones par l'Etat français. »
Témoin de cette histoire, le flamboyant bâtiment…
Le rideau tombe, accompagné d’une volée d’applaudissements. Il révèle une plaque, vissée sur un mur du magasin de vêtements Uniqlo, au cœur d’une artère commerciale de Marseille. Le petit groupe d’élus, historiens, associatifs, mais aussi dirigeants du magasin, découvre l’inscription :
« De 1919 à 1960, ce bâtiment fut le siège marseillais de la Compagnie algérienne de crédit et de banque. […] Elle a participé à l’appropriation et à l’exploitation des terres spoliées aux peuples autochtones par l’Etat français. »
Témoin de cette histoire, le flamboyant bâtiment à l’architecture néobaroque et art nouveau conserve de grandes balustrades en fer forgé à l’effigie de la banque et, au sous-sol, l’ancien coffre-fort à la lourde porte a été reconverti en cabine d’essayage par la grande enseigne japonaise.
Entre les jeans et les doudounes, difficile d’imaginer le lieu à l’époque des multiples activités de la banque liées aux colonies : mise sur le marché de terres algériennes saisies, ventes d’obligations pour la construction d’infrastructures en Algérie, prêts aux colons ou exploitation de mines près de Constantine.
Ce 14 octobre 2025, cette plaque vient en remplacer une autre, écrite par un féru d’histoire, moins critique sur la période. Pour le petit groupe d’invités réuni autour du projet, c’est un pas vers la reconnaissance d’une histoire relativement méconnue, celle du passé colonial de la ville.
« Porte de l’Orient »
Marseille, comme d’autres villes portuaires, reste discrète sur la question. La cité phocéenne, surnommée la « porte de l’Orient » pour sa situation géographique et maritime, a pourtant été l’une des premières villes à ouvrir © Alternatives Économiques
