Josh Anderson a fait taire ses détracteurs
Ça se voyait dans leurs yeux, dimanche. Les défenseurs du Lightning de Tampa Bay avaient peur de Josh Anderson.
Vous vous souvenez, l’an dernier, quand on détestait Tom Wilson, des Capitals de Washington, parce qu’il frappait constamment les joueurs du Canadien ?
Cette année, c’est le Canadien qui l’a, Tom Wilson, et il s’appelle Josh Anderson.
Il a peut-être dû freiner ses ardeurs après sa mise en échec sur Charle-Édouard D’Astous, par crainte de placer son équipe dans le trouble, mais Anderson a vraiment joué un bon match.
Il a fait taire ses détracteurs, ceux qui, en saison, disaient qu’il était le temps qu’il en fasse plus. Anderson, c’est le genre d’attaquant dont la contribution va donner un petit coup de pouce au Canadien pour qu’il se rende en séries.
Mais sa réelle valeur, c’est en éliminatoires qu’on la voit. Quand il arrive dans le coin de la patinoire à toute vitesse, les défenseurs du Lightning ne tiennent pas à être les premiers sur la rondelle à tout prix.
S’ils ont un peu de temps pour faire une passe, ils vont y aller. Mais si leurs chances sont de 50-50, ou même de 60 %, ils vont le laisser passer pour éviter d’encaisser une mise en échec d’Anderson.
Et Anderson le sait. Il est très intelligent, là-dessus. Ce qu’il a fait dimanche, c’est mettre de l’argent en banque pour que le Canadien gagne la série.
Une décision de maître
Un autre qui a été très intelligent, voire brillant dans les derniers jours, c’est Martin St-Louis. Parce qu’en fin de saison, quand son équipe se battait pour le premier rang dans l’Est, il aurait pu utiliser Lane Hutson et Mike Matheson à outrance.
Mais il a continué à faire jouer Arber Xhekaj et Jayden Struble. Sa décision a rapporté, dimanche : je trouve que les deux défenseurs ont disputé leur meilleur match de la saison.
Xhekaj a été exceptionnel dans sa façon de se contrôler, de jouer seulement entre les sifflets. Il le sait que de l’autre côté, ils le cherchent, ils veulent lui faire prendre des punitions.
À plusieurs occasions, il s’est reculé, pour montrer aux arbitres que ce n’était pas lui qui cherchait le trouble. Même s’il sera prêt quand un joueur du Lightning viendra le chercher.
Grâce à sa vision différente, St-Louis leur a donné du millage crucial dans les derniers matchs de la saison. C’était une décision de maître.
« Slak-a-boum », le jeune Rantanen
Et puis, dur de passer à côté de Juraj Slafkovsky, ou... « Slak-a-boum ». Ce n’est pas tout le monde chez le Canadien qui a connu un gros match dimanche. Je trouve que les nerfs ont un peu pris le dessus, ce qui est normal. Il avait beaucoup de pression. Il fallait gérer la rencontre, face à un club aguerri.
Individuellement, Slafkovsky a été vraiment, mais vraiment fort. Quand je vois « Slaf », je vois un jeune Mikko Rantanen. Et je dois donner du crédit à Maxim Lapierre, qui, il y a quelques saisons, avait dit : « Ne me parlez pas de Slafkovsky tout de suite. On s’en reparle dans cinq ans. »
Ces joueurs-là, il faut leur laisser le temps d’apprivoiser le marché de Montréal, la LNH, qui est une ligue où personne ne te fera de cadeaux. Surtout pas quand tu es un premier choix au total.
Ça revient à une chose, ce genre de progression. C’est la détermination à vouloir s’améliorer, la même qu’ont Nick Suzuki ou Cole Caufield. Si tu penses que ça va être facile, tu deviens un joueur comme Jesperi Kotkaniemi. Pas mauvais, mais marginal.
Encore une marge de progression
Quant aux autres trios, il faudra ramener ça à la normalité. Revenir à l’identité du Canadien, qui est de contrôler la rondelle en zone offensive.
Le deuxième match, mardi, sera extrêmement important, parce que Montréal mène la série sans avoir joué son meilleur hockey. Mais il y a du positif là-dedans : plusieurs joueurs ont encore une marge de progression.
– Propos recueillis par Jessica Lapinski
