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Cimetières, le grand déménagement

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27.09.2026

Que deviennent nos corps après notre décès ? Dans des sociétés où la mort est de plus en plus invisibilisée, comment ont évolué nos rites ? Demain, à quoi ressembleront les cimetières ? L’enterrement ou l’incinération seront-ils remplacés par d’autres méthodes ? Comment le numérique transformera-t-il nos pratiques funéraires ?

Pour répondre à ces questions et à bien d’autres, nous vous proposons une série de six articles sur le thème « Le corps après la mort », rédigés par des experts et illustrés par le dessinateur Vito.

Ce premier épisode est consacré aux cimetières. Ces lieux dévolus au repos éternel ne sont pas immuables et doivent parfois être déplacés. Mais « translater » un cimetière n’est pas une mince affaire…

Les conséquences du dérèglement climatique pourraient engendrer l’augmentation du nombre de déplacements de cimetières dans les prochaines décennies.

Les conséquences du dérèglement climatique pourraient engendrer l’augmentation du nombre de déplacements de cimetières dans les prochaines décennies.

Les « translations » de cimetières sont des chantiers complexe, qui peuvent s’étaler sur de très nombreuses années.

Les « translations » de cimetières sont des chantiers complexe, qui peuvent s’étaler sur de très nombreuses années.

Les projets de déménagement de cimetières sont sensibles, notamment parce qu’ils redéfinissent le rapport des familles à leurs défunts et à la sépulture.

Les projets de déménagement de cimetières sont sensibles, notamment parce qu’ils redéfinissent le rapport des familles à leurs défunts et à la sépulture.

Au-delà de leur apparente permanence, les cimetières sont des espaces en mouvement. Relativement récent dans sa forme actuelle, le cimetière a, par le passé, été amené à déménager à plusieurs reprises.

Des nécropoles romaines aux cimetières paroissiaux en passant par les cimetières contemporains, ces chantiers de « translation de cimetières » ont notamment accompagné les grandes évolutions sociétales sur les pratiques funéraires.

Ces scénarios de translations de cimetières n’appartiennent pas seulement au passé, mais constituent une actualité bien présente au regard des défis environnementaux, interrogeant parallèlement les enjeux relatifs à la création de nouveaux cimetières.

Quelles leçons retenir du passé ?

D’un point de vue historique dans le contexte français, les premières migrations de sépultures sont liées au développement du christianisme, lequel a conduit au rapprochement des sépultures vers les lieux sacrés. Mais au 16e siècle, le fonctionnement des cimetières paroissiaux s’est complexifié dans les milieux urbains, en raison du manque de place et des problématiques sanitaires liées à l’accumulation des corps en décomposition.

En plus d’interdire les inhumations dans les églises, la déclaration royale du 10 mars 1776 ordonne alors l’agrandissement ou le transfert des cimetières pouvant nuire à la salubrité de l’air. En 1780, la fermeture du cimetière parisien des Innocents, suite à l’effondrement de son charnier, marque l’un des déménagements de cimetière les plus célèbres. Ce déplacement a en effet non seulement engendré la création des catacombes, mais aussi celle des grands cimetières parisiens (aujourd’hui intramuros) comme le Père-Lachaise.

À la même période, le décret du 23 prairial an XII (12 juin 1804) pose les bases de la législation funéraire, encore en vigueur aujourd’hui dans le Code général des collectivités territoriales, notamment en matière de translation et de création de cimetières.

Plus récemment, d’autres facteurs ont pu conduire à la translation de tout ou partie de cimetières. Citons, par exemple, la création de barrages hydroélectriques dans les années 1960-1970, qui a conduit à la reconstruction de villages entiers, comme à Bord-les-Orgues et........

© The Conversation