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Sébastien Fath : "L'évangélisme est porté par la crise de la modernité"

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11.03.2026

« En 1950, ils n’étaient que 50 000. Les évangéliques sont actuellement majoritaires au sein du protestantisme français [...]. 35 Églises locales supplémentaires sont implantées chaque année. Soit une tous les 10 jours ! Ce phénomène ne se limite pas aux grands centres urbains », annonce fièrement sur son site le Conseil national des évangéliques de France (CNEF). Ces dernières décennies, le protestantisme évangélique a acquis une nouvelle visibilité, ce qui provoque des inquiétudes. Les évangéliques sont-ils sectaires, communautaristes et anti-laïques ? Les élections des très réactionnaires Donald Trump (2017 et 2021) et de Jair Bolsonaro (2019), aux États-Unis et au Brésil, ont renforcé les craintes. Historien du protestantisme et chercheur au CNRS, Sébastien Fath fait le point dans son dernier ouvrage, Le nouveau pouvoir évangélique (Grasset), et aide à mieux appréhender une religion encore mal comprise dans l'Hexagone.

Marianne : Lorsqu’on évoque l’évangélisme ou le protestantisme évangélique, de quoi parle-t-on ?

Sébastien Fath : On parle de la branche la plus dynamique du christianisme aujourd'hui, qui représente 700 millions d'individus à peu près dans le monde, donc c'est un peu plus d'un chrétien sur quatre. En France, nous avons tendance à les assimiler au trumpisme, à cause du soutien massif apporté par les évangéliques blancs au président américain. Mais réalité est beaucoup plus complexe. L'évangélisme américain, c'est moins d'un évangélique sur huit dans le monde. L’évangélisme est un phénomène largement porté par la vague postcoloniale. Énormément d'églises ont été créées dans le sud de l'hémisphère, après la décolonisation.


© Marianne