La démarchandisation en santé : les faits sont têtus
Dans son dernier livre, Nos vies ne sont pas des marchandises (Seuil, avril 2026), le socialiste Boris Vallaud défend le concept de « démarchandisation ». Sa cible favorite ? La gestion privée des établissements de santé, en particulier les Ehpad, oubliant au passage que, selon la Haute Autorité de santé, ces derniers obtiennent d’aussi bons résultats que le public. Laurent Guillot, directeur général d’Emeis, rappelle dans le texte qui suit que la qualité des soins ne repose pas sur le statut juridique des établissements.
Boris Vallaud a l’élégance du titre. Il a le souffle de l’idéologie. Et il pose une question éthique réelle : à quoi tient la dignité des soins ? Mais lorsqu’une thèse aussi sérieuse repose sur une équation aussi commode – le marché corrompt, le public protège –, elle mérite qu’on lui oppose quelques faits qui dérangent.
Le cœur du débat est, légitimement, la qualité des soins. Plongeons-nous alors dans les données disponibles en la matière. La Haute Autorité de santé évalue les établissements selon une grille précise : le secteur privé place environ un tiers de ses établissements au niveau le plus élevé de cette grille, quand le secteur public n’en atteint pas un quart. Au........
