Macron et l’arabe : peut-on l’enseigner sans s’y perdre ?
Macron a-t-il raison en plaidant pour un enseignement plus important de la langue arabe en France ? Oui : il désenclave une communauté que les séparatistes et autres islamistes cherchent à cloisonner et à maintenir sous leur emprise. Il ouvre une perspective de reconnaissance culturelle, il permet à la France d’intégrer sa part niée, celle qui désormais s’impose après les colonisations, décolonisations et immigrations.
Au Caire cette semaine, Macron a déclaré : « L’arabe est la deuxième langue la plus parlée en France, et c’est une réalité qu’il faut souvent rappeler ». Il a prononcé ces propos lors de sa visite officielle en Égypte le 10 mai 2026. Il ajoutera vouloir « renforcer l’enseignement de l’arabe dans les écoles publiques afin de remettre cette langue dans la République », en affirmant : « Quand votre famille parle l’arabe en France, c’est une chance ».
C’est vrai et faux à la fois : en France, on ne parle pas arabe dans les familles, mais plutôt algérien, marocain, tunisien ou libanais. Ce n’est de l’arabe que pour l’oreille qui ne le connaît pas. Ce n’est pas une nuance, mais un enjeu majeur.
La langue que personne ne parle
Je savoure de temps à autre, face à un public européen, l’effet de cette affirmation : « Il n’y a personne dans le monde arabe qui parle la langue arabe ! » Cela provoque un instant d’incrédulité. Et que parle-t-on alors dans ces pays ? Je réponds : leur propre langue. Le saoudien, le maghrébin, l’égyptien, etc. Mais n’est-ce pas des dialectes ? Le fameux « arabe de rue » ? Juste quelques variations sur une langue essentielle ? Non. Autant qualifier le français de « latin de rue » et de « latin parlé » – expression paradoxale, mais surtout insultante.
L’affirmation consistant à........
