menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

«Libârté»: le Québec en rit, l’Iran en meurt

45 0
16.01.2026

Depuis la pandémie, «Libârté» est le terme de dérision massive que certains emploient pour ridiculiser quiconque s’inquiète des dérives autoritaires potentielles de nos gouvernements.

Dénoncer les dimensions liberticides des lois C-8 ou C-9, par exemple, est sévèrement jugé et caricaturé. Au nom d’une certaine notion du «bien commun», il faudrait embrasser la surveillance de masse et abdiquer joyeusement nos libertés d’expression, de réunion, d’association, ainsi que le droit à la vie privée.

Ici, la liberté est méprisée. Elle serait un caprice d’égoïstes, une lubie de «complotistes», ce fameux mot fourre-tout qui dispense de penser. Or, on ne réalise la valeur de ce que l’on possédait qu’après l’avoir perdu.

Les Québécois gagneraient donc à tirer des leçons du soulèvement en Iran. Depuis des semaines, le peuple iranien se révolte avec force et courage. Il brave quotidiennement la mort dans l’espoir de regagner ne serait-ce qu’une fraction des libertés perdues au fil de décennies d’un gouvernement autoritaire. Les Iraniens meurent par milliers pour obtenir ce que, ici, nous ridiculisons.

Là-bas, la liberté n’est pas un mot qu’on déforme pour se moquer; c’est un concept si valorisé que certains sacrifient leur vie dans l’espoir d’y goûter. C’est notamment le cas d'Efran Soltani, 26 ans, condamné à la pendaison publique pour avoir participé à des protestations.

Alors, à l’avenir, un peu de respect pour la liberté! Les Iraniens nous démontrent qu’elle constitue l’oxygène de la société, et qu’on ne peut vivre longtemps en apnée.

Quand nos gouvernements voudront passer des lois liberticides, ne fermons pas les yeux. N’allons pas dire que c’est juste une petite liberté que l’on perd, que c’est pour une bonne raison.

Prenons plutôt conscience qu’une succession de petites érosions des libertés fait le lit de la tyrannie. Et, s’il est facile de perdre des libertés une à la fois, certains devront payer de leur vie pour les récupérer.


© Le Journal de Québec