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Bon débarras, Michael Rousseau!

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Enfin, le PDG d’Air Canada va faire de l’air. Avec son salaire annuel de plus de 12 millions $ et une rente indécente, personne ne va pleurer sur son sort.

C’est finalement une vidéo enregistrée uniquement en anglais après une tragédie qui aura eu raison de son unilinguisme.

L’humain avant l’argent

L’incapacité de Michael Rousseau à parler français avait fait la manchette pour la première fois en 2021 à la suite d’une allocution devant la Chambre de commerce de Montréal.

Malgré les vives et légitimes réactions des Québécois, il n’avait pas été ennuyé outre mesure et avait poursuivi sa paisible existence de bon anglophone déconnecté de la réalité des francophones au Québec et partout au Canada. D’ailleurs, son ignorance de la langue de Molière ne l’a pas empêché d’obtenir de généreuses augmentations de salaire même si l’action d’Air Canada a perdu plus de 30 % de sa valeur depuis 5 ans.

Il aura fallu un drame humain pour qu’enfin, le CA de l’entreprise comprenne toute l’ampleur du problème que représente l’incapacité de Michael Rousseau de gouverner avec sensibilité, puisque c’est de cela qu’il est question.

Les valeurs comme guide en gestion de crise

Avant ces événements, les seules variables qui avaient de l’importance pour le CA et les investisseurs d’Air Canada, c’étaient les résultats financiers.

Cette fois, plus que sa langue de travail et sa désinvolture, c’est son manque de jugement et celui de son équipe qui devraient inquiéter.

Au Québec, on pardonne les erreurs de prononciation et de syntaxe, on sourit quand un touriste essaie un « tabarnak » au mauvais moment.

Le message de Michael Rousseau était préenregistré. Il aurait pu être coupé, monté, repris autant de fois que nécessaire pour y insérer une brève déclaration en phonétique pour faire preuve d’humanité et de sensibilité.

Ce n’est pas son français qui l’aura rattrapé. C’est son incapacité à incarner le minimum d’humanité qu’exige le rôle.


© Le Journal de Montréal