Une heure de verglas pour un système qui craque
Il suffit d’une heure de verglas à Montréal pour prendre la pleine mesure de l’importance de la chirurgie orthopédique dans la vie des Québécois. Une seule heure. Des trottoirs glacés. Et soudain, les urgences débordent, les salles d’opération se remplissent, les listes d’attente s’allongent, encore.
Ce que le public voit, ce sont des chutes. Ce qu’il ne voit pas, ce sont les mois — parfois les années — de conséquences qui suivent.
Une chute, ça arrive vite. On est pressé, distrait, confiant. Un pas de trop... BAM. La majorité du temps, on se relève avec un rire nerveux et une ecchymose. Mais parfois, ça craque. Un os brisé. Une fracture. Et la vie bascule.
Récemment, en sortant d’un match des Canadiens de Montréal, j’ai entre autres vu une grand-maman, deux hommes, un adolescent, une maman et son jeune garçon glisser et tomber... en moins de trois minutes. Tous se sont relevés en affirmant qu’ils allaient bien.
Mais tout le monde n’a pas cette chance.
Le corps humain compte plus de 200 os, autant d’occasions de fractures lors d’une chute banale. Et quand un os casse, ce n’est jamais « juste » un os. Chez l’adulte en santé, c’est six à huit semaines de guérison osseuse, période pendant laquelle il faut protéger l’os. C’est une immobilisation du membre blessé. C'est parfois (souvent) une
chirurgie. Puis des muscles qui fondent. Des articulations qui s’ankylosent. Et enfin, des mois de réadaptation pour espérer retrouver une fonction normale.
Pendant ce temps, on arrête de travailler. On met les loisirs sur pause. On dépend des proches........
