Quelle politique internationale pour le Québec?
Avec « Le monde dans l’urne », le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) s’allie au Devoir afin d’approfondir la conversation électorale par le biais de lectures stratégiques internationales. La série débute en revenant aux bases, soit à ce qui fait une bonne politique internationale.
Dans les programmes des partis politiques québécois, les relations internationales occupent encore trop souvent une place marginale. On y trouve bien quelques engagements généraux — par exemple, cas classiques, un appui renouvelé à la francophonie ou une volonté de renforcer les exportations —, mais ces intentions sont rarement traduites en stratégies cohérentes et durables une fois les partis au pouvoir.
L’un des problèmes majeurs tient à l’instabilité chronique de l’action internationale québécoise. Au fil des alternances politiques, des priorités gouvernementales changeantes et des arbitrages budgétaires à court terme, les orientations fluctuent, les structures sont modifiées, et les capacités institutionnelles sont souvent affaiblies.
Dans ce contexte, une idée simple mérite d’être avancée. Les partis politiques gagneraient à adopter une forme de « serment d’Hippocrate » appliqué aux relations internationales : d’abord, ne pas nuire. Autrement dit, éviter les décisions qui fragilisent les acquis institutionnels ou qui réduisent la capacité du Québec à se projeter à l’international.
L’histoire récente fournit plusieurs exemples révélateurs. Au-delà de ces menaces d’abolition, les gouvernements successifs ont multiplié les réorganisations. Certaines ont consisté à déplacer des fonctions stratégiques, comme les exportations, vers le ministère des Relations internationales (MRIF) sous Pauline Marois, ou à renforcer des organismes économiques extérieurs au MRIF, comme Investissement Québec, sous la Coalition avenir Québec. Au début du mandat de Philippe Couillard, des scénarios d’abolition du MRIF ont même été sérieusement envisagés. Sans la mobilisation de la société civile et l’intervention déterminée de la ministre Christine St-Pierre, ce ministère aurait été réduit à un simple secrétariat, cantonné à être « l’agence de voyages du gouvernement ».
Une telle décision aurait considérablement affaibli le........
