Le Canada, ce pays réactionnaire et colonisé
Selon le Larousse, un réactionnaire est quelqu’un qui « se montre partisan d’un conservatisme étroit ou d’un retour vers un état social ou politique antérieur ». Selon la Vitrine linguistique du Québec : « personne qui s’oppose au progrès social ou politique et qui vise à rétablir les institutions antérieures ». Ces définitions nous éloignent de la vision « calinours » de Justin Trudeau, qui voyait au contraire son Canada comme un pays d’avant-garde, comme le premier État « postnational » de la planète. En réalité, l’histoire du Canada nous rapproche plutôt d’un État conservateur, réactionnaire et colonisé.
Le refus d’abandonner un mercantilisme prédateur qui provoqua la révolution américaine, la migration des loyalistes en terres d’Amérique du Nord britannique (le futur Canada) qui s’ensuivit, l’écrasement du mouvement patriote, le rapport Durham, l’avènement même du pays en 1867 sans consultation du peuple et pour faire barrage à cette même révolution américaine, tous les actes fondateurs du Canada représentent des gestes de réaction motivés chaque fois par le désir de la mère patrie anglaise d’y maintenir son emprise. Le Canada n’eut d’ailleurs aucune véritable personnalité internationale propre avant le Statut de Westminster de 1931.
Il aura même fallu attendre 1982, ce que d’aucuns qualifient de coup d’État légalisé de Pierre Elliott Trudeau, c’est-à-dire le rapatriement de la Constitution (encore ici sans consultation populaire), pour que le Canada devienne........
