Du déni à la rupture
Pour les Européens, l’heure de la rupture approche.
Depuis des mois, devant les coups de boutoir de la Maison-Blanche, un mélange de déni, de divisions internes, de volonté de ménager la chèvre et le chou, ainsi que le besoin de gagner du temps sur l’Ukraine avaient freiné, voire étouffé, les réactions en Europe.
Malgré les couleuvres avalées et après l’échec patent de la stratégie de la flatterie, les attaques réitérées, les trahisons et les insultes en provenance d’outre-Atlantique sont en train de convaincre de plus en plus d’Européens — simples citoyens comme dirigeants — que les États-Unis ne sont plus ni des alliés ni des amis, qu’ils sont en train de changer de nature. Que les règles de l’après-1945 entre signataires du pacte transatlantique se dissolvent. Et qu’une attitude combative, prête à aller jusqu’à l’affrontement, ne peut plus être évitée.
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Le crescendo de ce début janvier est impressionnant.
Le 5, la première ministre danoise Mette Frederiksen avertit qu’une attaque militaire américaine ou une tentative d’annexion du Groenland signifieraient « la fin de tout ». Entendre : la fin de l’OTAN, la fin de la sécurité d’après-guerre, la fin d’un certain ordre mondial, voire le début d’une guerre.
Le 13, à Copenhague, démonstration d’unité entre les leaders du Danemark et du Groenland. Lors d’une conférence de presse conjointe avec la première ministre Frederiksen, le chef du gouvernement du Groenland Jens-Frederik Nielsen déclare : « Le Groenland n’est pas à vendre, il ne veut pas être acheté par les États-Unis, ou être........
