menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Les victimes de la guerre ne sont pas les figurants d’un jeu vidéo

10 0
30.03.2026

L’auteur met en garde contre la « ludification » de la guerre, qui manipule un imaginaire collectif déjà passablement insensibilisé aux souffrances humaines.

Dans certaines vidéos récemment diffusées sur les réseaux de communication de la Maison-Blanche, les opérations militaires visant l’Iran sont accompagnées d’images et de codes visuels empruntés à l’univers du jeu vidéo⁠1,2. On y retrouve l’esthétique de Grand Theft Auto, ses filtres graphiques, sa narration iconique, ou encore les mouvements et l’imagerie désinvoltes de Wii Sports. La guerre y apparaît comme une séquence artificielle rythmée… comme un jeu.

Si la distance géographique, l’avènement des armes autonomes et la fatigue émotionnelle des sociétés civiles ont déjà largement contribué à la désensibilisation collective, l’usage de la force est désormais transformé en spectacle amoral accessible et facilement partageable.

La ludification de la guerre

Les jeux vidéo violents soulèvent déjà des préoccupations, en ce qu’ils tendent à accroître les pensées agressives tout en diminuant l’empathie et les comportements d’entraide⁠3. Lorsque des êtres humains sont transposés dans un tel univers virtuel, leur souffrance cesse d’être moralement et juridiquement encadrée et est reléguée à un simple élément de narration du jeu. La ludification (gamification) de la guerre brouille ainsi les........

© La Presse