« T’es sérieuse ? » de Laélia Véron et Guillaume Fondu : voyage en ironie
La chercheuse en linguistique et le philosophe spécialiste des études marxistes interrogent l’ambivalence politique de cette figure de rhétorique et auscultent certaines manifestations actuelles de l’humour.
Plutôt que de valider une opposition classique entre « bonne » et « mauvaise » ironie, les auteurs de T’es sérieuse ? Problèmes politiques de l’ironie mettent au jour son ambivalence politique. Dans les dialogues écrits par Platon, Socrate se retient toujours de délivrer une réponse claire, dogmatique, et ne relance la discussion que par des questions.
Ce procédé crée une relation d’emprise avec son disciple Alcibiade, auquel il ne reste qu’« un questionnement sans réponse, une quête de sens qu’il ne peut mener seul et qui suscite donc l’attachement à la personne de Socrate ».
Si Socrate a permis à Alcibiade de s’émanciper des normes sociales qu’il avait incorporées dans la cité athénienne, il y substitue en fait une nouvelle forme de soumission, « une relation de dépendance envers la........© L'Humanité
