Patrick Roger : « En Nouvelle-Calédonie, tout est suspendu à la résolution de la crise politique »
Il y a vingt mois, la Nouvelle-Calédonie-Kanaky connaissait des émeutes provoquées par le choix du gouvernement de passer outre l’opposition des Kanaks au « dégel » du corps électoral pour les élections provinciales. Une révision constitutionnelle prévoit en effet d’ouvrir ce scrutin aux électeurs qui sont nés ou qui sont domiciliés sur le territoire depuis au moins dix ans. Ce qui revient à donner plus de poids à la population non kanake. Les affrontements avec la police et la gendarmerie, mais également avec des habitants d’origine européenne, ont causé la mort de quatorze personnes, kanakes en majorité, et d’énormes destructions.
Depuis, le gouvernement a cherché à renouer le dialogue pour trouver une solution institutionnelle à la crise, sans succès jusqu’à présent, malgré le « projet d’accord » de Bougival négocié sous l’égide de Manuel Valls, alors ministre des Outre-mer. Emmanuel Macron réunit à nouveau les forces politiques calédoniennes – sans les indépendantistes du FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) qui ont refusé – ce 16 janvier à l’Elysée.
Le journaliste Patrick Roger, auteur de L’Archipel de la discorde. Paris-Nouméa, demain le Pacifique (Cerf, 2025), revient sur la situation économique et sociale de l’île et sur cette porte de sortie qui semble particulièrement étroite.
En mai 2024, des affrontements quasi insurrectionnels en Nouvelle-Calédonie-Kanaky faisaient quatorze morts et provoquaient d’énormes destructions de biens privés et de services publics. Dans quel état se trouve aujourd’hui l’économie de l’archipel ?
Patrick Roger : La situation est toujours aussi catastrophique. Aux désastres engendrés par les émeutes à partir du 13 mai, s’ajoute l’effondrement de la filière du nickel. Résultat : le PIB de la Nouvelle-Calédonie a baissé de 13,5 % par rapport à 2023. 20 % des salariés du secteur privé sont encore au chômage, 1 000 entreprises ont été détruites partiellement ou totalement. Sans oublier la décrépitude des…
Il y a vingt mois, la Nouvelle-Calédonie-Kanaky connaissait des émeutes provoquées par le choix du gouvernement de passer outre l’opposition des Kanaks au « dégel » du corps électoral pour les élections provinciales. Une révision constitutionnelle prévoit en effet d’ouvrir ce scrutin aux électeurs qui sont nés ou qui sont domiciliés sur le territoire depuis au moins dix ans. Ce qui revient à donner plus de poids à la population non kanake. Les affrontements avec la police et la gendarmerie, mais également avec des habitants d’origine européenne, ont causé la mort de quatorze personnes, kanakes en majorité, et d’énormes destructions.
Depuis, le gouvernement a cherché à renouer le dialogue pour trouver une solution institutionnelle à la crise, sans succès jusqu’à présent, malgré le « projet d’accord » de Bougival négocié sous l’égide de Manuel Valls, alors ministre des Outre-mer. Emmanuel Macron réunit à nouveau les forces politiques calédoniennes – sans les indépendantistes du FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) qui ont refusé – ce 16 janvier à l’Elysée.
Le journaliste Patrick Roger, auteur de L’Archipel de la discorde. Paris-Nouméa, demain le Pacifique (Cerf, 2025), revient sur la situation économique et sociale de l’île et sur cette porte de sortie qui semble particulièrement étroite.
En mai 2024, des affrontements quasi insurrectionnels en Nouvelle-Calédonie-Kanaky faisaient quatorze morts et provoquaient d’énormes destructions de biens privés et de services publics. Dans quel état se trouve aujourd’hui l’économie de l’archipel ?
Patrick Roger : La situation est toujours aussi catastrophique. Aux désastres engendrés par les émeutes à partir du 13 mai,........
