Mathilde Viennot : « La planification écologique est complexe, car il est question de la décroissance de nombreux biens »
Pourquoi la France met-elle autant d’application à ne pas concrétiser des plans qu’elle s’emploie à multiplier face à la menace climatique ? Pour l’économiste Mathilde Viennot, autrice de La planification écologique (La Découverte, 2025), s’inspirer des expériences historiques est à la fois nécessaire et insuffisant pour répondre à un défi aux proportions inouïes.
Pas facile de convaincre qu’il faut dépenser des milliards pour abandonner ce qui reste à la base de notre richesse – les énergies fossiles –, rappelle la cofondatrice de l’Institut Avant-garde, un think tank né du constat des impasses de l’actuelle discipline budgétaire pour répondre à la double urgence sociale et écologique.
Quelle est votre analyse sur le débat budgétaire au regard de l’urgence écologique ?
Mathilde Viennot : Le discours de l’austérité s’est imposé dans la discussion publique, au détriment du débat sur les moyens de financer les nécessaires investissements de long terme. Les besoins pour l’écologie, en tout cas pour ce qui est de la décarbonation, sont connus. Pour la France, le rapport Pisani-Mahfouz les avait évalués à…
Pourquoi la France met-elle autant d’application à ne pas concrétiser des plans qu’elle s’emploie à multiplier face à la menace climatique ? Pour l’économiste Mathilde Viennot, autrice de La planification écologique (La Découverte, 2025), s’inspirer des expériences historiques est à la fois nécessaire et insuffisant pour répondre à un défi aux proportions inouïes.
Pas facile de convaincre qu’il faut dépenser des milliards pour abandonner ce qui reste à la base de notre richesse – les énergies fossiles –, rappelle la cofondatrice de l’Institut Avant-garde, un think tank né du constat des impasses de l’actuelle discipline budgétaire pour répondre à la double urgence sociale et écologique.
Quelle est votre analyse sur le débat budgétaire au regard de l’urgence écologique ?
Mathilde Viennot : Le discours de l’austérité s’est imposé dans la discussion publique, au détriment du débat sur les moyens de financer les nécessaires investissements de long terme. Les besoins pour l’écologie, en tout cas pour ce qui est de la décarbonation, sont connus. Pour la France, le rapport Pisani-Mahfouz1 les avait évalués en 2023 à 66 milliards d’euros supplémentaires d’argent public et privé par an, un ordre de grandeur confirmé par d’autres documents, comme récemment le dernier rapport annuel du Haut Conseil pour le climat.
« Nous ne cessons de prendre du retard pour atteindre le niveau d’effort requis par rapport à nos objectifs »
Mais alors que nous ne cessons de prendre du retard pour atteindre le niveau d’effort requis par rapport à nos objectifs, non seulement nous ne voyons rien venir mais nous régressons. En témoigne le dernier projet de loi de finances, qui a entre autres proposé une division par deux du Fonds vert pour les collectivités locales et une nouvelle baisse du budget affecté à MaPrimeRénov’, pour un demi-milliard d’euros.
Les besoins d’investissement « vert » sont-ils bien quantifiés ?
M. V. : Pour ce qui est du « zéro émission nette », la réponse est plutôt oui. Mais la décarbonation n’est qu’une partie du sujet. Les 66 milliards du rapport Pisani-Mahfouz, par exemple, n’intègrent pas les coûts de préservation de la biodiversité. A l’échelle de l’Union européenne, cela a été chiffré entre 100 et 150 milliards d’euros par an, soit près de 25 milliards d’euros pour la France. Ce rapport, comme d’autres, ne compte pas non plus les coûts de réparation des dommages........





















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